Home A la une Rentrée scolaire 2020/2021 : quand le Coronavirus met à nu l’école sénégalaise

Rentrée scolaire 2020/2021 : quand le Coronavirus met à nu l’école sénégalaise

Depuis plusieurs mois, précisément le 16 mars 2020, aucun élève n’a mis les pieds dans aucun temple du savoir au Sénégal. De l’école maternelle à l’université en passant par le primaire, le collège, le secondaire ; toutes les portes étaient fermées à cause de la pandémie du Coronavirus qui s’est déclarée depuis le mois de décembre 2019 à Wuhan, une province de la Chine.

Au Sénégal, le premier cas a été enregistré le 02 mars 2020 et depuis lors les cas ne font qu’augmenter de jour en jour. Ce qui a poussé les autorités à donner « des vacances de longue durée aux apprenants ainsi qu’aux différents corps enseignants ». Cette année académique étant épuisée avec des examens tenus, l’école sénégalaise a ré-ouvert ses portes mais avec des mesures barrières car le coronavirus est toujours là même si on enregistre moins en moins de cas. Comme toutes les rentrées scolaires, celle de 2020 2021 n’a pas fait d’exception et pire encore, elle a montré les failles qui existaient depuis bien longtemps dans certains établissements scolaires comme le manque de table-bancs, de matériels didactiques, de points d’eaux ou encore de manque de professeur. Est-ce une rentrée ratée ?

La rentrée pour l’année scolaire 2020-2021 a eu lieu le jeudi 5 novembre 2020 pour le corps professoral et le 12 novembre pour les élèves. D’habitude, l’ouverture des classes se faisait au début du mois d’octobre de chaque année. Mais vu le contexte actuel, l’ouverture s’est faite durant la première quinzaine du mois de novembre.

Une rentrée scolaire pas comme les autres

Comme indiqué par le Président Macky SALL dans un discours : « A chaque situation exceptionnelle, une mesure exceptionnelle ». Et ce fut le cas pour cette année scolaire. L’année académique précédente a été fortement impactée par la pandémie. Ceci a fait que les cours ont vaqué du 16 mars 2020 jusqu’au 24 juin 2020, plus de 3 mois de vacances forcées pour les élèves en classe d’examens et jusqu’à cette nouvelle rentrée pour les classes intermédiaires qui elles avaient passées les plus longues vacances de leur histoire pour la plupart des élèves.

Le constat est fait. Dans chaque établissement scolaire, il est mis en place un dispositif de lavage des mains et prise de température de toute personne voulant accéder à l’école et le port du masque est obligatoire pour tous sans exception. Et le Président d’ajouter qu’ « il faut apprendre à vivre avec le virus ». Cette phrase avait soulevé des vagues de polémiques au sein de la société. Il faut comprendre par là qu’il ne faut que l’on baisse les bras face à ce virus et insister sur le respect des mesures barrières afin de se débarrasser ce phénomène mondial. Et plus, on respecte les mesures, moins on enregistre de cas nouveaux comme ce fut le constat actuellement.

Le Covid a mis à nu l’école sénégalaise

Depuis sa découverte, le Covid n’a pas cessé de faire des dégâts à travers le monde. Aucun secteur n’a été épargné. Ceci a installé une crise internationale mettant ainsi l’économie mondiale à terre. Le Sénégal, pour sa part, a subi les conséquences de cette épidémie surtout économique, sanitaire et scolaire avec l’arrêt des cours pour de longues durées.

Ainsi, lors de l’ouverture des classes, beaucoup de manquements ont été signalés et par les administrateurs de l’école et les enseignants regroupés autour de syndicats. Parmi ces manquements, nous pouvons noter : le matériel didactique, le problème d’accès à l’eau dans certains établissements, le manque de professeurs surtout de sciences, le manque de table-bancs, pour ne citer que ceux-là.

  • Le matériel didactique

Dans la plupart des établissements scolaires du sud, nous avons constaté l’absence de matériel didactique : de la craie, des règles, équerres, compas, etc.

  • Le problème d’accès à l’eau

Avant l’avènement du Covid, certaines écoles souffraient de manque du liquide précieux qui était jusque-là « inaperçu » et qui « grâce » au covid a été débusqué. Pour barrer la route au virus, il est recommandé de se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon. Pour cela, il faut être à côté d’un cours d’eau ou robinet où puiser de l’eau à chaque fois qu’il en manque. Et certaines écoles faisaient une longue distance pour chercher le liquide et parfois les professeurs ou enseignants sont obligés d’attendre les élèves qui sont allés puiser. Ceci a des répercussions sur le quantum horaire.

  • Un manque criard de professeurs

Il faut aussi noter le manque criard de professeurs surtout de sciences et de mathématiques. Pour exemple pour l’IEF de Sédhiou, il y a un gap de plus de 20 professeurs à rattraper tout domaine confondu et quand n’est-il des autres localités du pays. Ceci est dû aux affectations des uns et des autres vers d’autres lieux. Parfois, il arrive qu’un professeur demande un autre lieu non loin de son poste précédent où il pouvait rester.

  • Les table-bancs font défaut

Pour bien apprendre, il faut être bien assis et être à l’aise. En tout cas c’est le minimum. Si le nombre d’élèves par table-banc dépasse la norme, les conditions d’études deviennent difficiles et pour l’élève et pour le professeur. Dans certaines classes, ils sont 3 ou 4 élèves à se partager un table-banc prévu pour 2 élèves. Lors de la reprise des enseignements le 25 juin dernier, les consignes étaient entre autres 1 élève par table-banc et ça à bien marcher. Maintenant puisque tous les élèves sont là, cette règle n’est plus d’actualité.

Vis-à-vis de ces manquements, nous nous demandons comment va se dérouler l’année scolaire. Le slogan du « ouby tey, diang tey » ne sera pas possible vue ces conditions auxquelles les écoles font face. Bien que les élèves aient bénéficié de l’appui de l’Etat d’un important lot de masque et de matériels d’hygiène à l’image de savon, d’eau de javel, de thermo-flash, etc. ; la nouvelle année scoalire souffre déjà de difficultés sans compter les revandications des syndicats d’enseignants qui peuvent d’un moment à l’autre basculer vers le côté « obscur » pour l’Etat et les autorités scolaires.

Bonne rentrée scolaire à tous !

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