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Sédhiou: « Explosion » d’un nouveau produit aphrodisiaque

« Ce que le tabac me procure comme plaisir, tu ne m’en procures même pas la moitié » c’est la rengaine des femmes de Sédhiou. Depuis quelques temps, il existe un nouvel produit aphrodisiaque dont les femmes font usage afin de se procurer plus de plaisir au sein de leur foyer et ce, pour plusieurs raisons. Le mariage n’est plus ce qu’il était avant, soit, d’avoir des enfants et de les inscrire à l’école et, de s’acquitter des dépenses quotidiennes. Le mariage de nos jours transcende cet entendement et va au-delà de ceci.

La vie dans l’intimité de la chambre, joue un rôle incontournable dans l’union et, quel que soit la situation et les difficultés que le couple rencontre. Aujourd’hui, certaines femmes, n’hésitent plus pour pimenter leur nuit, de recourir à ce produit.

Il s’agit….tout simplement de la feuille de tabac. Elles le surnomment « Tababa » ou encore « Mousso-Laa Booro » autrement-dit, « le médicament des femmes » en milieu mandingue.

Ce « médicament », une fois obtenu, est introduit dans la partie intime pour assouvir le désir sexuel et satisfaire la libido. Et il semble très efficace. Toutefois, ce produit présente des risques liés à la santé de l’appareil génital et de la santé de l’organisme en général. Son usage peut être à l’origine de plusieurs maladies et infections.

Les produits aphrodisiaque sont nombreux et variés : du naturel fait via les plantes naturelles jusqu’à ceux fabriqués dans le secret des laboratoires. Puisque « tous les moyens sont bons pour arriver à destination » ou encore « plusieurs chemins mènent à Rome », des femmes surtout sénégalaises, utilisent les aphrodisiaques naturels depuis belle lurette. Leur usage semble leur procurer du bien et contribuer à satisfaire leur appétit se..xuel.

L’intérêt pour elles, d’user de certains produits, est évident car, après en avoir consommé, elles n’ont pas des fois, besoin d’un homme pour escalader le mur du 7e ciel. Ces aphrodisiaques règlent leur problème immédiatement.

Alors que ces produits inondent les marchés noirs, les femmes les recherchent pour avoir des informations sur les différents produits qui existent et se les procurer. Dans certaines zones du Sénégal, dans le sud par exemple, cette pratique est bien au cœur du quotidien de beaucoup de femmes et souvent, il s’agit de celles qui sont mariées.

Le « Tababa » ou « Mousso-Laa boro » est à la mode dans la région sud du Sénégal il est  bien connu et souvent très prisé. Si certains l’achètent pour fumer, soigner ou atténuer des douleurs, d’autres c’est pour tout simplement du plaisir.

Comment est-il fabriqué et d’où vient-il ?

Selon nos informations, ce produit a été découvert dans un petit village non loin de la frontière avec la Guinée Bissau appelé Kandiénou. Les vendeuses font des kilomètres par tous les moyens de transports de la zone pour venir écouler leur marchandise, dans la commune de Sédhiou et les villages environnants. Quant à la fabrication, son coût est très faible et ne requiert pas de moyens colossaux. Il suffit juste de piler les feuilles de tabac, le ‘Kankouran Mano’ (un arbre sacré) et le Koundinding, jusqu’à l’obtention d’une poudre ensuite, il suffit de mettre la poudre dans des petits sachets plastiques et les commercialiser.

Un aphrodisiaque miraculeux et multifonctionnel

Le « Tababa » est utilisé comme cigarette par nos grands-parents. On se souvient comme si c’était hier quand nos papis nous donnaient 50 ou 100 Fcfa pour aller acheter du tabac au marché ou chez le vendeur du coin de la rue, pour ensuite le fumer. De l’autre côté, il est utilisé pour soigner certaines plaies ou petites blessures. Il suffit juste de mettre un peu de poudre de tabac sur la plaie pour provoquer une cicatrisation de la blessure. Une fois qu’il est appliqué, ça brule comme de l’alcool 90° qu’on a mis sur la partie blessée. Aussi, ce produit est utilisé pour atténuer les douleurs surtout dentaires. Quand une dent fait mal, souvent il est recommandé à la personne d’utiliser le tabac si elle n’a pas les moyens d’aller voir un dentiste et acheter des médicaments et autres antalgiques.

Pour son application, il faut juste mettre une petite quantité sur la dent endolorie. Quelques minutes après, la douleur est soulagée. Ce produit est bien « meilleur » qu’on ne pensait. Il peut aussi atténuer la fatigue intense

Le plaisir, une arme fatale pointée sur nous

Le plaisir peut nous causer du bien aussi bien que des dommages. En cela, l’essor connu de la vente des produits aphrodisiaques est bien réel. Pour autant, Leur utilisation abusive représente beaucoup de dangers liés à la santé pour les personnes.

Des femmes ont fait des témoignages pendant les rencontres liées aux activités de sensibilisation sur l’utilisation des stupéfiants pour stimuler le plaisir. Selon leurs témoignages, elles prennent une certaine quantité de ce produit qu’elles introduisent dans leur partie intime.

Elles ignorent de fait, qu’en procédant de la sorte, elles mettent la santé de leur appareil génital en danger. Les brûlures qu’elles ressentent une fois le produit introduit, peuvent causer des inflammations dans cette partie de leur organisme. Cela représente un réel danger. Aussi, selon les spécialistes de la santé, l’usage de ces stupéfiants et aphrodisiaques peut être à l’origine du cancer du col de l’utérus.

Ce type de cancer est aujourd’hui considéré comme une arme silencieuse surtout dans nos pays où le système de santé rencontre tous les problèmes du monde pour une meilleure prise en charge de certaines maladies ou infections. En plus, du cancer du col de l’utérus, l’utilisation de ces produits peut être à l’origine du cancer du vagin et peut même causer l’infertilité chez les consommatrices.

La répudiation

Une autre conséquence de ce produit aphrodisiaque est la répudiation. Certaines femmes ont eu des menaces de répudiation par leur conjoint pour usage avéré de ce produit. Ceci créé beaucoup de tensions au sein de plusieurs ménages. Les femmes n’hésitent plus  après usage, de tenir parfois un langage très déplacé vis-à-vis de leur mari en comparant leur performance sexuelle et l’effet qu’elles ressentent grâce au tabac. Une autre femme est allée jusqu’à dire à son mari ceci : « Ce que le tabac me procures comme plaisir, tu ne m’en procures même pas la moitié », lui a affirme Faty, travailleur au lycée Ibou Diallo.

L’Etat, toujours dans son petit coin, les bras croisés

Quant à l’Etat à travers le ministère de la santé et de l’action sociale, il affirme avoir eu connaissance de ce produit mais reste les bras croisés en attendant qu’il y ait un cas très sérieux ou des morts pour réagir et prendre les mesures qu’il faut afin de mettre un terme à ce phénomène qui ne fait que prendre de l’ampleur surtout dans la partie sud du pays et commence même à remonter vers la capitale.

Mouhamed Dramé
Sédhiou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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